Un nouvel outil pour lutter contre le chômage ?

Conseil départemental – http://www.tribune-hebdo-tours.fr/?page_id=14&art_id=601

Les demandeurs d’emploi sont de plus en plus nombreux, mais certaines entreprises se plaignent tout de même de ne pas trouver la perle rare pour certains postes. Un paradoxe qui a été au cœur des discussions du dernier conseil départemental, vendredi 28 avril à Tours. Le département compte mettre en place une plateforme en ligne, intitulée Job Touraine, pour pallier ce problème.

Par Marie DEROUBAIX

C’est une initiative qui a été débattue pendant une heure et demie lors du conseil départemental vendredi 28 avril. Alors que le chômage a connu une nouvelle augmentation ce mois-ci, tant sur le plan national que sur le plan départemental, les élus ont discuté de la mise en place d’une plateforme Internet visant à rapprocher les titulaires du revenu de solidarité active (RSA) et les entreprises locales qui recrutent. Ce dispositif a déjà été mis en place dans le Loir-et-Cher. L’un de ses conseillers départementaux, et ancien maire de Blois, Nicolas Perruchot, avait fait le déplacement pour le présenter. Ouvert en janvier, il comptabilise 1 680 inscrits, 290 entreprises partenaires et environ 550 offres en stock. « On estime que 50 à 60 personnes ont retrouvé un emploi grâce à la plateforme, que ce soit un CDD de plus de six mois ou un CDI », détaille Nicolas Perruchot. La spécificité de cette plateforme est que, contrairement à celle de Pôle Emploi, elle prend en compte toutes les expériences du demandeur d’emploi, et non pas simplement le dernier poste occupé. Elle permet aussi de croiser tous les fichiers de l’allocataire entre eux, que ce soit celui de la CAF, de Pôle Emploi et du département. Par ailleurs, elle se base sur un système de géolocalisation qui permet de faire le « matching » entre offres et demandes. Pour le Loir-et-Cher, il devenait urgent de développer un outil tel que celui-là alors que les allocataires du RSA représentent une charge financière lourde à porter : « Nous comptabilisions 5 000 allocataires en 2004, 10 000 en 2016. Nous sommes passés d’un budget de 16,3 millions d’euros, payés par l’État, à 42 millions d’euros, dont la moitié à notre charge. » Pour l’Indre-et-Loire, le constat est tout aussi cinglant : « Nous avions 12 000 allocataires en 2010, contre 17 500 en 2016. Cela représente un budget en augmentation de 480 %, pour arriver à 74,2 millions », explique Jean-Gérard Paumier, président du 37. Pas étonnant, donc, qu’il devienne urgent de développer des outils à l’échelle du département pour améliorer la situation. D’autant que les outils nationaux actuels ne semblent pas être à la hauteur. L’élu Vincent Louault a d’ailleurs fustigé Pôle Emploi, en qui il n’a « pas du tout confiance. Ils font des rendez-vous par SMS. Il n’y a pas de suivi… » Mais Jean-Gérard Paumier a tout de même temporisé ces propos en estimant que « c’est un partenaire privilégié avec qui il faut continuer à travailler ». Les autres élus ont salué l’ambition d’installer cette plateforme sur le territoire, qui devrait être effective cet été. Seul Dominique Lemoine a émis quelques réserves. Job Touraine fonctionnerait avec des outils de tracking permettant de suivre le parcours d’un allocataire. Une intrusion dans la vie privée pour l’élu. Autre problème selon lui ? « Prendre en compte la totalité des compétences c’est bien, mais la totalité des jobs réalisés, non. Vous pouvez commencer en bas de l’échelle, puis évoluer… » À ces doutes, Jean-Gérard Paumier a assuré que l’inscription sur Job Touraine ne reposerait que sur la base du volontariat, et que la prise en compte de l’ensemble des postes occupés ne serait pas une obligation, simplement une possibilité. 

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